Quel panache !
Le suspense est intact. En l'emportant hier face au FC Bruges (1-2), le Standard est revenu dans le sillage immédiat du Club, qui ne compte désormais plus qu'une victoire de plus que lui, à 1.080 minutes du terme du championnat.
Pour le plus grand bonheur de Steven Defour, le grand absent de ce match au sommet, qui l'a vécu... depuis la tribune réservée aux supporters liégeois. Presqu'incognito...
Steven Defour avait expliqué, dans nos éditions de samedi, qu'il hésitait à effectuer le déplacement à Bruges. En cause, le comportement très agressif de plusieurs supporters du Cercle à son égard, lors du match de quart de finale aller de la Coupe de Belgique. “J'avais été pris à partie par quelques énergumènes et je l'avais très mal vécu ”, disait-il. “Cela ne me dit rien d'y retourner... ”
Ce qu'il a pourtant fait hier, en prenant place... au beau milieu de la tribune réservée aux supporters du Standard. La tête enfuie sous un bonnet bleu, une écharpe rouge et blanche serrée autour du cou, le petit Anversois avait des alliés de poids.
“C'est en apprenant que j'avais vécu de sales moments face au Cercle que les Red Bull Dogs, un club de supporters du Standard établi à Borgloon, dans le Limbourg, m'ont contacté ”, explique- t-il. “Je connais fort bien leur président (Eddy Janssis), qui m'a proposé de les accompagner. J'ai répondu positivement à son invitation. Là au moins, j'étais en sécurité... ”
Steven Defour n'a pas regretté son déplacement, effectué en car. “Ce succès ne vaut bien sûr, sur le plan mathématique, que trois points, mais bien plus sur le plan psychologique ”, dit-il. “Le Standard a frappé un grand coup, en se révélant beaucoup plus fort que Bruges, qui ne nous aurait pas mis en difficulté une seule fois si Leko n'avait bénéficié de quelques phases arrêtées.
J'avais lu, durant la semaine, que le Club allait nous manger. C'est très bien, mais alors aurait il fallu qu'il montre quelque chose sur le plan offensif. Cela n'a pas été le cas...”
N'en déplaise à Jacky Mathijssen qui, plus provocateur que jamais, a insisté sur le fait que “Bruges était la meilleure équipe sur le terrain ” et que “la chance qui l'avait accompagné jusqu'ici avait choisi le camp du Standard ”. Steven Defour a aussi entendu ces commentaires.
“Mathijssen est aveugle. Il n'a pas vu le même match que les 28.000 personnes présentes au Jan Breydelstadion. Il n'y a rien à répondre à cela, sinon constater que le Standard a remporté ses deux matches face à Bruges. Pour cela notamment, mais aussi pour la qualité de son football, notre équipe mérite d'être couronnée en mai prochain”.
Des tribunes, Steven Defour a applaudi, hier, les raids de Milan Jovanovic, auteur des deux buts des siens. “Il m'avait parlé, en fin de semaine, de ses douleurs aux adducteurs et de la possibilité d'une intervention chirurgicale. Il faut effectivement trouver une solution. En attendant, Jova ne s'est pas senti trop mal à Bruges. A100 % de ses moyens physiques, c'est de loin le meilleur attaquant du championnat... ”
Ce que Defour lui a d'ailleurs dit de vive voix après le match, lorsqu'il alla féliciter ses équipiers dans le vestiaire avant de reprendre le car des Red Bulls Dogs.
“Anderlecht et le Standard sont les grands bénéficiaires de la journée ”, notait-il au retour à Borgloon. “Mais seul le Standard m'intéresse: on a fait une affaire en or ”.
Milan Jovanovic: "LE" choix de Michel
Février 2008, un mois que n'oubliera pas de sitôt le Serbe du Standard Milan Jovanovic.
Côté émotions, le Serbe a été servi. Sur le terrain, comme hier après-midi. En coulisses, avec cette pubalgie dont on risque de parler beaucoup dans les bureaux et vestiaires de Sclessin. Mais aussi, dans sa vie privée...
Car la famille du Serpent s'est agrandie voici dix jours. Après Lazare, son épouse lui a donné un deuxième petit rejeton. À qui il dédie évidemment sa fabuleuse prestation au Club Brugeois.
“Je lui réserve même une petite surprise ”, déclarait-il à la sortie des vestiaires. “Figurez vous que son prénom, c'est Dusan. Comme Djokic à qui j'ai demandé et obtenu la vareuse au coup de sifflet final. Me voilà avec deux petits mecs sur les bras. Je ne me suis pas encore mis au travail pour leur donner
une petite soeur. ” Et il rigole de bon c½ur en rajoutant: “Sérgio Conceiçao, il s'est arrêté après quatre fils ou il continue encore? ” Une petite touche d'humour sur un sujet léger avant d'aborder, plus grave,
le sourire nettement plus crispé cette fois, son sentiment sur sa prestation trois étoiles du jour. “ Bien, écoutez: tout d'abord, c'est dans les grands matches qu'on voit les grands joueurs. Ils répondent toujours présent. Maintenant, je dois cette réussite à une personne en particulier. Michel Preud'homme. Et je me permets même de le féliciter. Alors que je viens de vivre une semaine très difficile avec cette pubalgie, il a osé m'aligner. Et je l'en remercie. Un choix payant, si ce n'est LE choix de la saison. Maintenant, vous devez savoir que je n'ai pas envie non plus de jouer tout le reste de la saison en me remplissant de médicaments pour ne pas ressentir de douleurs. ”
Où veut-il en venir exactement?
“Je me pose la question de savoir si je ne devrais pas me faire opérer le plus vite possible. Mais évidemment, après ce match, je ne sais que penser. D'un côté, je dois respecter tous les gens, dans le club et en dehors, qui m'accordent leur soutien et leur confiance. Le Standard va jouer le titre alors, ne pas participer à la fin de saison serait un choix très très difficile. D'autre part, je ne peux mettre éternellement mettre ma santé et mon avenir en péril. Alors, quoi? Nous allons en discuter ce lundi
avec le staff et la direction pour prendre la meilleure décision. ”
Difficile effectivement de s'imaginer un Standard sans ce Jovanovic- là pour le reste de la saison...