(GDS) Leader invaincu, le Standard a poursuivi sa marche en avant à cloche-pied. A cause de Dragons accrocheurs. Le meneur de la D1 garde étonnamment dans son sillage les deux Bruges, seuls autres clubs à avoir atteint la vingtaine de points, mais il a quand même perdu des plumes parce qu'il n'a pas su gérer les débats. Car hier, il n'y a pas eu de petites surprises qu'au seul coup d'envoi. De l'inédit?Mirri, back gauche: choix qui ne réjouissait pas Wiggers, substitut. Dans le camp adverse, Renard devenait un N.1 réserviste! Le gardien était pourtant déclaré 'à 100%'. Le suppléant, Espinoza, s'illustrait justement le premier, d'une claquette devant Dalmat, mais aussi d'un double réflexe face à Adriano et Mirri. Chaud! En cinq minutes, Mons avait dévoilé ses intentions, mais c'était prévisible, hier: les médians allaient surtout conserver la parole, avec, en exemple,le duel des costauds Fellaini et Nicaise. A ce petit jeu, personne n'allait longtemps sortir gagnant. Les leaders connaissaient toutefois un regain d'enthousiasme à deux moments-clés. D'abord en fin de première partie, puisqu'une volée ras de terre de Toama était sortie par Ragued. Puis Witsel trouvait Mbokani, imprécis après avoir contourné Berthelin.
Après le repos, ensuite, avec un topo identique, concrétisation en prime: De
Camargo profitait d'une déviation de Witsel sur un centre de Dante pour signer le 0-1. Insuffisant, car les Montois inversaient la tendance en fin de match. À un quart d'heure du terme, Espinoza applaudissait sa défense, qui l'aidait sur un envoi de Zoko. Puis, regardait son poteau trembler sur une bombe de Dalmat. Deux avertissements avant qu'un centre de Brahami ne permette à Zoko d'égaliser (1-1). "Zorro" était joker hier, mais il a quand même rendu justice à Mons, le score étant logique.
"Des mains que je ne serrerai plus... "
Le match, il l'a vécu coincé entre Siramana Dembéle et Ali Lukunku. Sur le banc du Standard, à plusieurs dizaines de mètres d'André Espinoza, qui lui avait été préféré dans les buts. S'il n'a rien dit sur le moment même, Olivier Renard, puisque c'est de lui qu'il s'agit, n'a pu contenir, au coup de sifflet final, ses émotions, littéralement abattu par sa non-titularisation. "Si je suis déçu? Non, je suis écoeuré.", a-t-il lâché. "Il y a des mains qu'à l'avenir je ne pourrai plus serrer... Michel Preud'homme a expliqué, ce matin (lisez hier matin), les raisons de mon éviction, mais j'avoue ne pas avoir écouté." Vendredi, l'entraîneur liégeois avait confié, pour répondre à une question relative aux retours dans l'équipe de Renard et Jovanovic, que tous les deux étaient 'à 100%', sur le plan physique, pour débuter la partie." On sait ce qu 'il en est advenu. Cela étant, Olivier Renard n'aura-t-il pas à regretter ses propos? "Je dis ce que je pense. Je suis un professionnel, et j'assume." Et de conclure, sur une phrase lourde de sens, qu'il n'a pas voulu commenter davantage: "Moi aussi, je ferai des choses en conséquence lorsqu'il le faudra..."
"On a loupé notre hold-up"
S'il a ressenti encore une petite gêne durant la rencontre, Mohamed Sarr est passé outre pour se donner sans compter tout au long de la rencontre. Le Sénégalais de l'axe central défensif ne pouvait évidemment pas cacher sa déception à l'issue de ce troisième partage de la saison pour les Rouches. "D'accord, nous n'avons pas su reproduire notre beau football contre ces Montois.", concédait-il. "Vu le déroulement du match, et surtout de la première période qui n'était pas terrible, il faut admettre que le nul est logique. Mais c'est quand même frustrant car nous avions fait le plus dur en inscrivant un but dès les premières secondes de la deuxième mi-temps. Puis, nous avons su gérer cette avance, sans briller je le concède mais avec une certaine efficacité. Dommage cette égalisation en fin de rencontre sinon, nous aurions réalisé le hold-up parfait. Maintenant, ce n'est pas non plus une catastrophe. Nous sommes toujours devant. À de nous de poursuivre et de corriger le tir le plus vite possible."
"Quand on réussit à faire 0-1 dans un derby pareil, le plus dur est fait.", explique Steven Defour. "Peu importe comment tu joues par la suite, tu dois conserver ce score. Malheureusement, nous n'y sommes pas parvenus. Quant à notre prestation,il est clair que ce n'était pas le vrai Standard, surtout lors des 45 premières minutes. Mais lorsqu'on ambitionne de devenir champion, il faut parfois gagner des matches que l'on ne mérite pas de remporter. Au décompte final, c'est quand même raté..."
Dante justifiait le scarences de la première période par un manque de concentration. "Sur base de cette première mi-temps, OK, nous ne méritions peut-être pas ce point. Mais la deuxième fut quand même meilleure, sans tenir compte du but à quelques secondes du coup de sifflet final. Alors, cette unité, nous ne l'avons quand même pas volée..."
Nous ne méritions pas de vaincre.", dit Preud'homme après le match. "Je les avais prévenus que Mons, à domicile, débutait généralement pied au plancher. Malgré mes avertissements, nous nous sommes fait peur. J'ai essayé de rectifier le tir au repos. Nous avons alors joué plus haut. Après notre but, Mons a pris tous les risques dans l'espoir de revenir. Nous aurions dû en profiter pour faire le break. En vain. Et, comble de malchance, l'égalisation est tombée dans les dernières minutes. Il n'aurait peut-être pas été logique que nous rentrions avec les trois points. J'en viens donc à dresser ce constat:contrairement à d'autres, le Standard n'arrive pas à remporter un match qu'il ne mérite pas de gagner."


